témoignages
Témoignage de la maman d'Eric : jeanine-Laure Hernandez :
1er juillet 1998 – 9 heures le téléphone sonne à mon domicile ...zut ! je ne me suis pas réveillée à temps pour aller au bureau.
Au bout du fil Françoise mon amie et collègue de travail me demande si elle peut donner mon numéro de téléphone à la police qui m’a appelée au bureau.
Immédiatement je suis prise d’angoisse et mon premier réflexe est de lui demander de m’assurer que la police veut me contacter pour l’enquête sur la disparition chez mon employeur d’un micro-ordinateur portable. Elle me répond qu’elle ne le sait pas et je ressens sla difficulté à me parler et là c’est l’affolement total.
Appel de la gendarmerie et là j’ai envie qu’ils me répondent qu’il s’agit bien d’un contact pour le vol mais ils me disent qu’ils préfèrent venir chez moi. En attendant leur venue je me précipite sur mon téléphone et j’appelle en premier ma fille Virginie qui avait des ennuis avec un de ses collègues de travail, lequel avait proféré des menaces à son encontre. Son téléphone est sur répondeur, aussi je lui laisse le message suivant : « mon bébé la police vient de m’appeler rappelle-moi vite je t’en supplie pour me rassurer », puis j’appelle le portable de mon fils Eric et je lui dit « mon grand je t’en prie rappelle-moi vite je suis très inquiète dis-moi que tu vas bien »
Ma fille m’appelle pour me dire qu’elle arrive avec Serge son père
J’appelle alors Roger le père d’Eric et je lui demande s’il a des nouvelles d’Eric et là à sa voix cassée une angoisse terrible me prend aux tripes et je l’entends me dire : oui j’ai des nouvelles, ce à quoi je lui demande de me dire qu’il n’est rien arrivé à Eric et là c’est affreux il me répond Eric est mort
Eric est Mort oh non, oh non, mon dieu ! le ciel s’effondre sur moi et je suis complètement écrasée de chagrin
J’appelle immédiatement Michel mon compagnon qui m’a quittée dans la nuit pour une urgence à la clinique avec une voix méconnaissable pour lui exprimer mon désespoir et c’est alors qu’il me parle d’une nouvelle qu’il a lue dans le journal concernant une rixe dans le TER. Il est bouleversé
Virginie arrive avec son père, puis arrivent les gendarmes et alors c’est l’escalade dans l’horreur. Ils m’annoncent qu’Eric est à la morgue et qu’il va me falloir aller reconnaître son corps.
Puis commence immédiatement une enquête de police complète sur Eric. Je donne seulement le nom de son ami Dominique car c’est comme si j’avais subit un court-circuit général, j’ai oublié le nom de tous ses autres amis que pourtant je connais très bien.
Je vais au Funérarium avec
Eric, mon Eric, lui si secret va être fouillé comme personne dans sa vie et dans son corps. Une enquête qui va durer un temps infini. Sont convoqués par la gendarmerie les amis d’Eric, ses relations, Ilonka son ex-petite amie hollandaise qui vient témoigner de Hollande. Se succèdent les perquisitions au domicile de Serge d’où Eric avait déménagé depuis peu pour aller habiter chez ses grands’parents paternels où Eric logeait lorsqu’il venait sur Grenoble, perquisition au domicile de ses grands'parents paternels, à son domicile Parisien qu’il partageait avec un ami Bruno.
Je réponds à toutes les questions que me pose la gendarmerie mais aucune réponse n’est apportée à mes questions. On ne me donne aucune précision sur les circonstances de la mort d’Eric "pour les besoins de l’enquête "et on me dit de me baser sur ce que dit la presse". Où sont les droits des victimes !
Ce qui a été dur également ce fut d’annoncer la mort de mon fils à sa grand’mère ma mère qui habite Allevard et qui l'avait élevé pendant 4 ans. Je préviens ma cousine Paulette qui va chez ma mère en attendant que j’arrive et pour qu'elle demande à son médecin de venir car maman ayant un problème au cœur je crains un malaise.
Lorsque j’arrive maman comme redouté prend un malaise et tombe à terre, le médecin Monsieur "eto..é" est absent : il a jugé inutile de se déplacer !!! je suis désemparée. Heureusement un long moment après elle a repris ses esprits.
Après l’autopsie je peux aller faire mes visites journalières au funérarium à mon fils qui est là allongé, découpé et recousu de partout , puis assister à mise en bière et lui tenir sa main jusqu’à la fermeture du couvercle.
Pourquoi tant de violence, pourquoi tout cela et pourquoi le chagrin ne fait’il pas mourir sur l’instant ?
Jeanine Hernandez sa maman

